Florent déclarant un oedème cérébral à chaque fois qu'il essaye de
manipuler un truc plus compliqué qu'un fichier excel, je m'occupe de la
mise en page de ses photos.
Sur cette jolie photo d'Uyuni, on s'aperçoit bien que les architectes locaux ont aussi des problèmes de mise en page ...
Rémi - mode secrétaire
On commence par la session au Condoriri, avec des photos de la Directissima à la Cabeza, et de la terrRRRrrrible "British route" au Wyoming.
Et l'évènement que vous attendiez tous (ou pas): les photos du Mururata.
Après une approche fort ludique passant dans un joli cirque au dimensions Gavarniesques, on se retrouve dans une superbe goulotte de 600m très encaissée.
Ladite goulotte sort pile au sommet, par des pentes à 70° en neige "gros sel" ... Les relais sont un peu stressants sur pieux à neige rentrés en appuyant avec le petit doigt, mais on est bien contents au sommet.
Un grand merci au cuistot Fernando, qui en allumant un grand feu de bouses de lama, nous a évité une nuit sur la moraine! On était quand même bien fatigués, c'est une des plus belles courses de notre vie !
Le topo sur camptocamp
Apres une jolie moisson de sommets, dont 6 de plus de 6000 m s'il-vous-plait, le monde se sépare en deux clans :
- d'un cote, les guerriers, de la trempe des pionniers qui ont ont bati le Canada, partent a l'aventure répéter une goulotte Messili sur une face qui n'a plus vu un crampon depuis les annees 70
- de l'autre, les fetards qui partent pour un peu de farniente au laguna Titicaca et de fiesta a Copacabana, determines a etablir le record d'alcoolémie de l'expé. Appercu en image :
Vu de la, ca a l'air drolement long. On a à peine 3 jours, pour éviter de faire attendre les autres, et le topo indique un total de 5 à 6 jours... Mais nous sommes en forme! aller hop, on se lance dans la traversée des 5 sommets de l´Illimani, 6439m
Les cinq sommets de l'Illimani et notre camp moraine (4800m) du premier jour
Le premier jour, nous nous contentons de monter la tente depuis la fin du collectivo jusqu´au debut des difficultés (camp sur la moraine). Le second jour, nous partons pour la grande traversée
Nous passons le Pico del Indio (6109m) vers 9h, puis continuons. Le topo nous indique un enplacement de bivouac, mais il est trop tot: nous le dépassons pour nous engager vers le second sommet, le Pico Norte (6430m).
Entre le Pico del Indio et le Pico Norte
Nous arrivons au pico Norte vers 15h. Il nous reste alors 3h de jour, et encore un sommet a atteindre avant de pouvoir poser la tente.
En arrivant au Pico Norte, sommet vers 15h (il ne reste plus que 3h de jour)
Nous nous depechons donc d´atteindre le pico Central (6300m), mais les 2200m de denivelé positif que nous avons dans les jambes, les 11h d´arëte ainsi que l´altitude nous coupent un peu les jambes (mëme JB, si si! )... Sommet du pico central tout juste a 18h, au soleil couchant.
Pico Central a 18h, nous posons notre tente en hate avant le coucher du soleil. Camp d'altitude á 6250m, le lendemain.
Nous plantons la tente à la frontale, nous faisons un petit lyoph et essayons de dormir. Bivouac a l´arrach´ vers 6250m.
Pico sur durant le deuxieme jour, puis le dernier plus petit... Nous terminons la teraversee des 5 sommets en 28h
Le lendemain, nous ne sommes pas spécialement frais mais nous continuons notre traversée par le Pico Sur (6439m) vers 9h, puis le Pico Layca Khollu (6159m) vers 11h. Nous avons mis 28h depuis notre camp moraine pour enchainer les 5 sommets...
Vers 12h, nous récupérons notre tente puis rejoignons le camp de base oú nos compagnons nous attendent. Une derniére galère nous attend le lendemain, cette fois sur la route ou nous embourbons le collectivo...
Camp de base, puis retour a La Paz sur les chemins boueux le lendemain...
Une belle realisation dans un coin sauvage versant Yungas pour JB, Flo et Remi
700m de goulotte (TD, M3, 4+ en glace et 70deg en neige)
Une superbe traversee pour un voyage total de 16h et 1700m de denivelle positif.
En attente des photos de Flo pour cause de carte memoire non lisible ici.
Remi - toujours en attente de ´'avion.
Un peu de retard sur les mises a jour.
Un petit retour sur le sommet realise il y a 6 jours.
JB et Renaud ayant lachement abandonne le groupe pour tenter et reussir dans un horaire honorable (28h!!!) la traversee complete des 5 pics, nous nous retrouvons a six au campo de baso. C'est le moment choisi par Florent pour tester l'efficacite de son stock de medicaments anti tourista. C'est un medecin consciencieux mais ca lui coutera le sommet. Geoffroy et Juju partent tenter le voie Koya Koyu mais feront demi tour.
Nous montons donc a trois (Cyril, Laurent et Remi) au Nido de Condor a 5400m. Il y a 1000m de denivelle depuis le camp de base et les sacs sont bien lourds.
Le lever est tres matinal a 1h. Laurent manque d'acclimatation et nous renoncons rapidemant a l'idee de traverser depuis le sommet Nord. Meme sur la voie normale du Pico Sur, l'effort est rude et le froid marquant - il doit faire -25C. Au sommet, il fait encore nuit et nous profitons d'un superbe coucher de pleine lune sur les aretes. JB et Renaud dorment encore dans le tente 200m sous le sommet. L'etat de Laurent ne s'ameliore pas, il faut redescendre tres vite. Le retour direct au camp de base nous permet de bien savourer les 2000m de denivelle negatif. En bref, une voie normale pas donnee...
Remi - en recup pre-avion
En parallele de l´ascension du groupe performance mené (tiré ? par JB :-)) , nous nous sommes tournés vers une voie plus classique de la face est. Apres un bivouac frais et acclimatant a 5500 au campo argentino,
nous avons remonté avec une grande fluidité et un style impeccable la belle pente de la voie des francais.
Une belle traversée d´arêtes permet ensuite de rejoindre le sommet principal (entre 6010 et 6088 suivant le fournisseur d´alti). On obtient ainsi une belle vue plongeante sur los amigos de la face ouest et ca fait froid dans le dos.
Cyril et Remi en pleine digestion du steack de lama de recup´
La vision du Huayna Potosi, avec son impressionante face ouest de plus de mille metres (la plus haute de Bolivie) n'avait laissé personne indifférent depuis les fenètres du bus nous amenant au Condoriri. En plus, le topo propose de prendre de quoi bivouaquer etant donne le nombre important de cordees qui n'arrivent pas a sortir a la journee. Bref, ca a l'air sympa.
Le 11 juillet, nous sommes donc 5 a nous diriger vers le pied de la face ouest, tandis qu'une autre cordee de 3 tentera de l'esthetique voie des francais en face suivi d'un parcours d'arete pour rejoindre le sommet.
Pour JB, Renaud, Flo, Laurent et moi c'est direction le camp de base de la face ouest, avec en guest star mes carlouches crampons et le masque de ski de Laurent. 20 minutes de traversee dans des schistes pourris et le monstre apparait au detour du sentier :
Quelques blagues fines avec Jorge le cuisto dont le sens de l'humour n'est pas entamé et Florent se lance dans la delicate cuisson des pastas a l'italienne. Avec l'eau qui bout a 40 degres a peu pres a cette altitude.
2h30 le lendemain, on cramponne sur le glacier. Ca pèle... Quelques photos pour decouvrir l'ambiance de la face :
Sortie au sommet un peu avant 10h00, premiers rayons de soleil pour nous... et premier 6000 pour trois d'entre nous (si, si, vérifiez sur l'altimètre de JB)
Un grand merci a JB d'avoir (un peu) ralenti sur la fin.
Ca y est, c'est parti, on charge les neufs mules comme... des mules et nous voila au campo de base du Condoriri :
Ambiance detendue dans le groupe. Notre cuisto Jorge se revele un expert du panqueque et entretien notre moral a coup de repas qui tiennent au corps.
Bilan : trois sommets de plus de 5000 pour tout le monde, dont l'objectif pricipal (la Cabessa del Condor, 5650m). Et une traversee integrale des trois sommets du Condoriri pour la cordee de choc Ren-JB. Quelques extraits (derriere l'objectif : Renaud) :
Demain, depart pour la face ouest du Huayana Potosi avec peut-etre le premier 6000 de l'expé...
A bientot pour la suite des aventures !
Retour de quatre jours en jeep dans le sud Lipez et l´altiplano. Etendues lunaires.
Une varite incroyable de paysages et d'ambiances, d'abord les grandes étendues blanches du grand Salar d'Uyuni, oú le regard porte á plus de cent kilometres dans toutes les directions. Puis les regions volcaniques de l'extreme sud : lacs, geysers, sources chaudes. Tous les degradés d´ocres sont presents, depuis le jaune des soufrieres jusqu´au rouge brique. Et le blanc bien sur, entre salars et depots de mineraux qui forment des plages de poudreuse sur les berges des lacs.
Enorme session de bloc sur un merveilleux site de gres en plein desert. Les nuits sont fraiches : -15 a -20 au petit matin, le lever de soleil se merite. Le bain dans les sources chaudes au petit matin, entourés de glace, de givre et de vapeur d´eau a quelque chose d´irréel.
Le plus impressionant demeure sans doute la faune et la flore qui reussit a survivre dans ces conditions extremes : troupeau sauvages de lamas et de vigognes, flamand roses au laguna colorado dont les eaux se teintent de pourpre, cactus millenaires sur l'isla del Pescado au beau milieu du salar d´Uyuni.
Bref, une acclimatation plutot correcte, avant le depart pour le camp de base du Condoriri.
On rentre juste a La Paz apres un petit tour dans le massif du Condoriri ; suite a une pression incroyable de la foule en delire voici un echantillon de photos - selectionnees par Renaud :
Paris-La Paz: compter 25 heures de trajet, six heures de décalage horaire et une arrivee a 4000 m qui... décalque.
Voyage agrémenté par 7 heures d´escale a Miami, soit amplement le temps de faire un tour sur Miami Beach avec Juju et JB, admirer les lagunes, le sable fin et blanc et les palmiers du front de mer. Et piquer une tete dans l´eau a 27 degrés d´une belle couleur émeraude transparente. Y a pire, comme escale.
Rencontre et discussions avec le chauffeur de taxi au retour, un martiniquais qui est Miami pour ses etudes et remarque assez vite notre accent...
On retrouve avec plaisir JP Glassey, notre ami suisse a l'aeropuerto ou on ne fait pas trop les malins : entre la tempérarure extérieure de 4 degres - il est cinq heures du mat´- et l´atmosphere quelque peu raréfiée a 4000 m. La descente sur le centre-ville de la Paz, niché au creux d'un canyon alors que l'aeroport profite de l'altiplano, est vraiment magnifique avec le lever de soleil sur l´Illimami, le Huayana Potosi. Ville vraiment particuliere: le centre ville au coeur de la vallée et les banlieues plus pauvres qui s´étalent a flanc de coteau et débordent sur l´Altiplano bolivien a El Alto. Et l´Illimami, tel un dieu tutélaire qu´on apercoit au détour de chaque ruelle.
Sinon, c´est l´ambiance America del Sur, un peu plus calme toutefois qu´a Lima. Mais comment font ces Boliviens qui partent en footing le long de la voie rapide qui monte quand meme séverement ?
Des photos en ligne des que je trouve le moyen de decharger ma carte memoire. Ce soir on recupere le petit dernier, Rémi, on s´acclimate encore une journée et lundi soir, départ pour le Salar dUyuni ou la situation politique semble a peu pres calme ces derniers temps...
le Geoff de l´hotel Naira, La Paz
PS: désolé pour les accents, impossibles avec ce p¿+?¿ de clavier español